Sens dessus / dessous., 30/12/2009

Les travaux récents d’Olivier Aubry semblent illustrer le paradoxe selon lequel le sens d’une image se perd dans la signification des éléments qui la composent…
A première vue, le tableau consiste en une représentation réduite à sa plus simple expression de la réalité qui nous environne.. Les motifs qui se détachent des fonds monochromatiques ont tous un air de déjà vu. A côté ou à l’intérieur de ces formes élémentaires voire schématiques, l’artiste a incisé dans la matière des mots relativement courts, presque universels. Puissant stimulant à la réflexion, ce rapprochement icono-textuel génère cependant une situation qui bouscule nos habitudes de lecture et contredit nos intuitions.
En effet, une certaine ambiguïté sémantique résulte de cette rencontre entre la peinture et l’écriture. Dessin et vocabulaire se conjuguent ou se déclinent dans une cascade de sens qui s’entremêlent dans la multiplicité des interprétations, parfois contradictoires, que l’on donne à ce que l’on voit. A défaut d’être descriptive, l’image se présente comme une surface plurivoque dans laquelle le spectateur cherche à reconstituer la trame d’un récit en comblant les vacuités narratives entre plans, lignes et mots.
Entre le muet et le discours, le désigné et le suggéré, l’inscrit et l’imaginaire, la pensée voyage dans de vastes paysages comme figés dans leur propre profondeur, dans une perspective vide où l’infini se frotte au défini et l’inconnu au surréel. Dans ces bouts du monde où résonne le silence, l’espace pictural devient étrangement réserve de possibles. Avec ses formes ambivalentes, ses annotations polysémiques, les images d’Olivier Aubry jouent finalement de la pluralité de sens que revêt l’idée que nous avons de la réalité.
Dans les récents travaux d’Olivier Aubry, seule l’expérience de l’observateur est à même de faire sens entre ce qui est donné et ce qui résiste à la lecture.
Michaël Grabarczyk
Olivier Aubry , 10/04/2009
Je me sers d éléments simples. Une toile, de la pâte colorée. J’inscris au couteau par un geste direct des éléments qui sont les plus simples, les plus élémentaires, les plus banals, les plus neutres possible.
Je travaille contre l’image. La peinture par sa matière résiste à l’image. Parfois, j’organise mes peintures par un agencement spatial comme un puzzle non fait. Comme pour retrouver une image qui n’existe pas. Le corps du spectateur doit se plier et se pencher pour voir (il est dedans et non plus devant.
Je m’intéresse au schéma, au plan. Il s’agit de peindre des relations, des tensions plutôt que des objets.
La peinture garde la trace des digressions de l’esprit. C’est un espace d’incertitude plus qu’une affirmation. Créer une situation ou il se passe quelque chose. Qu’est ce que je vois ? Pourquoi je le vois comme ça ?
J aime l’idée de l’étoile qui est morte et que l’on voit. Ma peinture n’est pas le monde mais évoque le monde, les circuits, les infra-circuits inconscients.
Olivier Aubry
De poëzie van de kinderziel, 1/10/2005

In het oeuvre van Olivier Aubry wordt elk teken herleid tot een archetype. Een simpele horizontale streep, een cirkel, een onbestemde weg, een boom, een traan… als bakens van herkenbaarheid groeien ze uit tot mysterieuze tekens die de subtiele monochromie of het geraffineerd kleurgebruik doorbreken.. Deze integere eenvoud creëert spanningsvelden en relaties die diep insnijden in de materie. In eenvoudige tekens legt hij met poëtische zeggingskracht het geheugen van de kinderziel bloot.
De randen van zijn schilderijen zijn als een subtiele omlijsting, als een uitgestreken dagboek van de trage maar intense omgang met verf. Zij vertalen de gretigheid en het plezier van het schilderen. In de kinderlijke onbevangenheid van zijn tekens, in de onvermoeibaar rijke doorwerking van de materie schept Olivier Aubry zijn eigen universum: schilderijen als oeverloze eilanden van verbeelding.
Odo Vanmeenen